mercredi 5 janvier 2011

A mon seul désir.


Non, je n'ai pas fait de bilan 2010.

J'ai passé mon année à faire des bilans tant elle a été mouvementée, alors un de plus ne me dit rien.

Mes premières heures de 2011 se sont passées dans la fièvre et au fond d'un lit.
Les premiers jours dans le coton, aussi.

La maladie, l'attente, l'incompréhension... tout s'est mélangé pour aboutir.

Alors je souhaite que 2011 soit à l'image de ces premiers jours : plus calme que 2010, même si c'est pas dur.

Et, pour une fois, je m'inscris dans la durée. Les avancées douloureuses et houleuses de la fin de l'année dernière s'écrivent et s'inscrivent au futur dans mes prochains mois et, j'espère, mes prochaines années.
Oui, j'ai appris à prendre des décisions. A respecter mes propres choix.
A dire oui et à en être heureuse.

Je vous souhaite à tous une année 2011 qui corresponde à vos attentes, tout simplement.

mercredi 15 décembre 2010

D'un silence.


- "Celui que j'étais avec toi, celui que j'ai été à ton anniversaire, ce n'est pas un autre, c'est bien moi"

- "Alors je ne suis pas intéressée"

- ...

- ...

- "Je crois qu'il n'y a plus rien à dire".


Je ne connaissais pas la qualité de ce silence, celui de la rupture.

J'ai entendu ma colère et ses objections, je l'ai vu se débattre et tout cela m'était familier.

Mais entendre dans ce silence sa compréhension, l'inéluctabilité de cette fin, c'était très étrange.

Pendant ce temps-là, alors que tour à tout chacune de mes oreilles s'acharnaient à me faire souffrir, je sondais en moi l'évolution de mes sentiments.

Je cherchais la panique qui m'avait envahit, un mois plus tôt, en découvrant qu'il ne parvenait pas à saisir la perche que je lui tendais.

Et au fond de moi aussi, je n'ai trouvé que le silence.

- "Est-ce que l'on pourra se revoir?"

- "Je ne vois pas pourquoi".

Le silence a pris toute la place en moi.

C'est fini.

samedi 11 décembre 2010

Seize the day.


"Alors profitez, profitez de vos proches pendant qu'ils sont encore là"

C'est elle qui n'a pas encore pris la parole qui nous interpelle, la voix vibrante et pleine de larmes, alors qu'un cortège que seul le bruit des mouchoirs rythme se relaie pour poser quelques pétales de roses sur le cercueil de sa mère.

Elle s'est levée, mue comme par un besoin impérieux, et je serre un peu plus fort la main de ma mère qui se retourne et me regarde. Oui, belle enfant qui a grandi avec moi, je ferais tout pour suivre ton conseil, nous allons le suivre.


Pleurer en se demandant si on a le droit d'être triste. Après tout, moi je n'ai perdu ni ma mère ni ma meilleure amie.

Pleurer sur le regret que la chose qui revienne dans tous les textes ne soit pas la vie, le rire et l'incroyable charme de cette minuscule bonne femme qui vient de disparaître, mais juste la maladie des dernières années.

Pleurer pour ma mère, pleurer pour sa fille, mon amie, pleurer pour eux et découvrir que je pleure aussi pour moi.

Pleurer sur les souvenirs de nos enfances, sur ce temps où tout nous semble bonheur aujourd'hui.

Pleurer, pleurer sans réussir à s'arrêter, puis devoir se contenir.

Étouffer un sanglot lorsque spontanément il me prend dans ses bras, lui que j'avais connu bébé et qui est devenu un homme merveilleux.

Se laisser interpeller à redécouvrir son père qui ressemble tant au mien, avec un peu plus d'humour, peut-être.

Suivre le mouvement vers la maison des derniers mois, avoir envie de rester dans ses bras, tenter de faire en sorte qu'elle comprenne bien que je suis là, et bien là.

Et découvrir la vie dans cette femme qui irradie, malgré le fauteuil qui recèle désormais ses jambes.


Seize the day.

dimanche 21 novembre 2010

Questions.


Pourquoi?

Pourquoi est-ce que je ne parviens pas à accepter que ce moment n'arrivera pas?

Que non, jamais je n'inscrirais « The End » sur un rideau lourd qui viendrait cacher les contours de ma vie passée.
Que non, aucun rideau ne viendra annoncer la vie d'après, celle où je suis censée pouvoir enfin commencer à être heureuse.

Que oui, cette vie est celle que j'ai choisi, et que je n'ai que ce que je mérite. Trop d'amour, pas assez d'envies.
Que oui, la perspective de devoir continuer à chercher, à trouver, à se perdre et à se retrouver encore et encore est épuisante.

Accepter que la quête soit une fin en soi, et non l'inverse.

lundi 8 novembre 2010

Viens.


Viens.

Regarde mes bras, ils s'ouvrent devant toi, grands et accueillants, qui t'ouvrent la perspective sur mon corps.

Viens chercher au creux de moi l'apaisement que je sais être la seule à pouvoir t'apporter. Dans les replis de mon cœur, contre ma peau, il y a tout ce dont tu as besoin.

Viens, tu me manques, tu sais.

Ton corps contre le mien, ta vie dans la mienne, un nous qui se crée, j'en ai trop rêvé, je crois.

Je ne veux pas de la tristesse de tes yeux, des tremblements de ta voix, de tes soupirs, de tes insomnies...
J'ai envie que tu t'apaises au creux de moi.

Dans mes rêves, je t'apprenais.
J'avais envie de t'ouvrir les portes de ce que je suis, de te montrer les replis et les coins un peu cachés et pas toujours très avouables, mais qui me sont précieux.

Pour t'apprendre, j'imaginais que je te bandais les yeux.
Parce que pour apprendre, je crois qu'il faut d'abord désapprendre ce qu'on sait.
Et que chez toi, c'était pas gagné.
Alors je faisais ce qu'il fallait pour te faire perdre tes repères erronés.

Te bander les yeux. T'amener dans un lieu que tu ne connais pas. Te faire tourner sur toi-même. M'esquiver et me rapprocher, jusqu'à ce que tu me perçoives tellement à chacun des bruits que je faisais, chacun de mes souffles, chacune de mes odeurs, chacun de mes effleurements... que ma seule présence te remplirait.
Te faire sentir mes mains, mon corps, mes cils, t'effleurer, te griffer, te caresser, te prendre, te mordre, te presser.

Te laisser perdre pied et n'avoir plus conscience que de moi.

Et commencer l'enseignement.

Après, seulement, je t'aurais dit : Viens.

lundi 1 novembre 2010

In bed with me.



Dans mon lit, i n'y a plus personne, grande étendue douillette et presque triste.

J'essaie de rassembler mes pensées au réveil, de me souvenir des pertes d'hier, de sonder en moi les mouvements de mes émotions.

Je suis célibataire.

Entièrement, totalement, célibataire.

J'ai ce mot qui me tourne dans la tête, et je me rends compte que pour l'instant, je ne suis ni heureuse ni triste, juste soulagée de savoir à quoi m'en tenir.

Dans deux semaines, j'aurais 25 ans.

J'ai envie de faire un bilan, lovée dans la douceur de mes draps, mais j'ai l'esprit encore trop embrumé pour ça.

Une partie du bilan s'est alourdi, un ex, peut-être deux ou trois de plus, il y en a même que je ne sais pas trop dans quelle catégorie ranger, si tant est que je doive le faire.
La plupart ne veulent pas me revoir, et j'apprends avec tristesse qu'encore aujourd'hui certains sont restés "traumatisés" par moi.
Ceux qui veulent bien me revoir, je ne sais pas s'ils savent à quel point je leur en suis reconnaissante. Je me sens sans doute un peu moins monstrueuse comme ça. Et j'y gagne des amis précieux, pour lesquels j'ai une tendresse gigantesque.
L'autre soir, j'en ai vu deux danser. Ils auraient pu être deux comme vingt, j'avais aimé ces hommes et le plaisir que j'avais à les savoir près de moi était indescriptible et chaleureux.

Avec encore un peu de réticence, je prends la page entre mes doigts et je commence à la tourner.

Il me faudra encore quelques jours, peut-être même quelques semaines pour y parvenir, dix ans de vie sentimentale houleuse et riche ne se laissent pas derrière soi facilement.

Mes bras ne cherchent personne sous la chaleur de la couette.

vendredi 15 octobre 2010

Suspendue.


Comme suspendue.

Je regarde, j'observe, je tourne, je virevolte, je parle...
Je vis à 220 à l'heure, et j'ai l'impression que celle que je regarde, c'est moi.

Je me découvre une distance que je ne me connaissais pas.

Il y a déjà plusieurs jours - une éternité -, je lui ai écrit.
Dans cette lettre, j'ai mis mes mots, mon cœur, et, je le comprends maintenant, ma vie.
Est-ce qu'il a compris? Connait-il l'importance de la décision qu'il doit prendre?

Dans 15 jours, si elle n'est pas partie, il m'aura perdue.
Cela fait déjà près de trois semaines.
Trois semaines que je redécouvre l'attente.

Que je tente de me donner les moyens d'avoir ce que je veux.
Je me suis découvert la force de demander ça.
La force de dire que s'il me veut, ce sera avec une base saine ou ça ne sera pas.
De dire que j'en vaut la peine.
De dire que nous en valons la peine, ensemble.

Alors oui, je suis comme suspendue.

Tous ceux qui ont virevolté autour de moi m'ont révélé des bouts de mes fondamentaux.
Mais à chaque nouveau départ, nouvelle proposition, je me rendais compte qu'il n'y avait que lui que je voulais.

J'ai découvert que je savais ce que je voulais.

Lui.
Lui, avec sa lâcheté aussi, ses zones d'ombres et ses faux-semblants.
Parce que j'ai les miens aussi, et que je tiens à les garder.
Lui, avec son romantisme un peu niais, ses envolées lyriques et ses projets fous.
Parce que je suis incroyablement fleur bleue à ses côtés.
Lui, avec son intelligence un peu bornée, lui et ses absences, lui et ses doutes, lui et ses multiples défauts même pas rangés dans les coins.
Parce que même si je suis loin d'être parfaite, je me sens parfaite pour lui comme je le sens parfait pour moi.

Lui et son sourire, surtout.

En attendant, je suis suspendue.

Et en attendant, j'ai retrouvé mon équilibre.
J'ai vu dans les yeux d'un autre que j'ai aimé cette vérité que je soupçonnais sans encore oser y croire.
Et j'ai découvert au creux de ces mêmes yeux un secret, une zone d'ombre que j'ai bien envie de garder pour moi, et de garder longtemps.

Alors je profite et me donne entièrement à ce temps suspendu.

Sans doute que dans 15 jours il ne se passera rien, et alors je serai dévastée.
Mais j'aurais essayé, et je n'aurais plus de regrets.

Suspendue.