dimanche 29 juin 2008

L'oeil du photographe.


Yeux fixés sur un appareil noir et laid, yeux indisponibles à celui qui, en face, les cherche désespérément, cherchant un point d'ancrage, cherchant à être rassuré sur ce moment de vie qu'on va lui arracher.

Capture fugace, futile, utile ou inutile?

Pourquoi sans cesse chercher à immobiliser le présent, à retenir un instant le temps dans sa course effrénée, et le garder enfermé, gelé à jamais sur un papier glacé ou un écran plus froid encore?

Yeux sans cesse à la recherche d'un cadrage, parce que vous imaginez une autre réalité, plus belle de vos cadrages et de vos techniques, plus cruelle de son immobilité aussi, plus abrupte ou plus douce, selon vos intentions...

Capture d'une réalité, maquillée ou trop nue?

J'ai peur lorsque je me retrouve en face d'un objectif. Je me sens trop laide, trop déshabillée, trop vulnérable. J'ai l'impression qu'à chaque photographie de moi, un instant de ma vie s'échappe pour se retrouver coincé quelque part où je ne le retrouverai jamais.

Juste arraché. Un sourire en moins, une mimique définitive, un regard avorté, un geste exténué, une envie entravée...

Instant de panique.

samedi 28 juin 2008

Une soirée.


L'alcool aidant, le regard qu'il posait sur elle se faisait plus lubrique.

C'était étrange, elle se rendait bien compte à quel point ce regard lui était familier. Pourtant, elle ne savait pas si c'était son regard à lui qui lui était habituel, ou bien si elle retrouvait dans ses yeux ceux de tous les hommes qui lui avaient adressé ce regard.

Ils avaient joué des jeux de séduction toute la soirée, joué aux personnes adultes et responsables qui savent ce qu'elles font, se défient, s'évaluent, s'envisagent....

Ce qui était étonnant avec lui, c'est qu'il ne tentait rien.

Il restait assis là, en face d'elle, le genoux à quelques millimètres du sien. L'alcool fait luire ses lèvres, son ventre se détend et il s'affaisse un peu sur sa chaise, semblant oublier la tenue nécessaire aux jeux de séduction dont ils connaissent tacitement les règles.

Dans ses yeux, elle a l'impression qu'il imagine la suite, leur suite. Qu'il la garde pour lui, égoïstement.

Elle en vient à se demander si tout l'univers lubrique qu'elle entrevoit dans ses yeux lui est encore adressé, ou si toutes les autres filles de la soirée y prennent part. Ou même s'il lui a jamais été destiné.

Une seule chose est certaine: elle sent au fond de ses entrailles les prémisses d'un appel prégnant et de plus envahissant qui la matraque et la malmène cruellement.

Celui du sexe.

jeudi 26 juin 2008

I did it!


Je suis une trouillarde.

On me l'a tellement répété que cette affirmation s'est greffée en moi, avec de nombreuses autres pas toujours plus agréables.

Et certaines peurs refont surface, parfois à l'improviste.

Eux, ils avaient fêté leur premier anniversaire il y a peu de temps, mais j'avais suivi tout ça de loin, avec une pudeur un peu amère de trouillarde professionnelle.

Je n'avais pourtant pas réussit à échapper à l'engouement collectif qu'ils avaient provoqué, ni aux assertions répétées de mes proches pour que, moi aussi, j'en profite.

Mais je ne suis pas que trouillarde, non, ce serait trop simple. Je suis aussi une tête de mule.

Et comme j'avais décidé de ne pas le faire, rien ne pouvait m'y résigner.

Et puis tu es entré dans ma vie, totalement à l'improviste, et tu m'en as parlé, mais pas comme les autres, sans me dire qu'il le FALLAIT.

Alors ils ont commencés à me narguer. En plus, j'ai pas de chance, y'en a partout.

Et hier soir, vers une heure du matin, je t'ai demandé me montrer. Patiemment, tu as fait les démarches pour moi, et les gestes oubliés depuis plus de dix ans sont revenus. Simplement.

J'ai vérifié l'affirmation qui veut que le vélo, ça ne s'oublie pas.

Tu m'as dit que tu étais fier que j'ai surmonté ma peur.

Aujourd'hui, j'ai dû aller terminer mes inscriptions administratives (dernier jour avant la soutenance, je fais toujours tout au dernier moment!)...

Et j'ai de nouveau traversé la ville en vélib'! Le coeur battant, je n'ai eu qu'un tout petit accrochage, je me suis fait klaxonner une ou deux fois et je ne suis pas encore tout à fait au point sur les itinéraires, mais je suis très fière de moi!

Merci.

mercredi 25 juin 2008

Une rupture.


"- Je t'aime."


Une fraction de seconde, son pied s'est suspendu dans son élan. Juste le temps qu'il réalise ce qu'elle venait de lui dire, puis de se ressaisir et réaliser qu'il fallait qu'il continue à marcher. Au moins pour continuer à la suivre le long du muret qui entoure la fontaine des Innocents.


Elle lui a balancé ça comme elle aurait dit "la boulangerie vient de fermer". D'un ton froid, détaché et vaguement indifférent ou presque triste.


Du coin de l'oeil, il la regarde, mais elle ne tourne pas la tête. Elle ne semble rien attendre, perdue dans ses pensées, à peine un pli amer au coin de la bouche.


Il ne sait pas quoi répondre, envisage dans sa tête plusieurs phrases qui lui semblent toutes plus absurdes les unes que les autres. En fait, il se rend surtout compte qu'il ne s'y attendait pas.


Oh, pourtant, il sait d'expérience que les filles tombent trop vite amoureuses, qu'elles s'attachent à lui. Mais elle... il avait cru que ce serait différent. Non pas qu'il n'aurait pas à la larguer, mais au moins qu'il n'aurait pas à le faire tout de suite.


"- Donc on va arrêter là."


C'est encore elle qui a parlé, du même ton lointain, sans sentiments. Et là, il se rend compte qu'il n'a pas envie que ça s'arrête. Tout ce qui sort de sa bouche, un peu asséchée par l'anxiété et la surprise, c'est un "- Et pourquoi?".


Elle tourne enfin la tête vers lui, c'est étrange de lui voir ce visage grave et triste, il n'a pas l'habitude. Il s'apperçoit que c'est la première fois qu'il lui voit cet air-là. Il a envie de la faire sourire et rire à nouveau, elle est plus jolie quand elle rit, elle est espiègle et joueuse. Là, son regard le glace, elle le dévisage et lui retourne le coeur comme si elle s'était infiltrée en lui.


"- Parce que tu ne m'aimes pas."

lundi 23 juin 2008

Mariage.


J'avais pensé, en revenant du mariage, parler du Mariage. Et la réflexion est longue...

Je ne disserterais pas sur l'institution du mariage, chacun a son opinion là-dessus, j'en ai eu la confirmation au cours des dernières semaines, et il est rare que tout le monde soit d'accord sur tout en ce qui concerne le mariage, la cérémonie, son déroulement...

Non, mais cette semaine m'a amenée à m'interroger sur moi.

Est-ce que je veux me marier?

Je l'ai déjà dit, je suis en pleine réactualisation [Oui, j'ai même bu du vin hier soir, il parait qu'on va pouvoir faire quelque chose de moi... et j'ai mieux: j'ai aimé ça!], donc voilà une question en plein débat intérieur.

Ce samedi, j'ai vu une mariée sublime, et un très beau marié.

J'ai pleuré quand elle a dit oui.

J'ai eu les larmes aux yeux quand les témoins ont pris la parole.

Et j'ai aussi vu l'envers du décor, le stress et les doutes.

Je dirais que le mariage ça a toujours été une évidence pour moi. Un rêve de princesse et de petite fille peut-être, le rêve inassouvi de ma mère peut-être aussi, mais je savais qu'un jour je porterais une robe blanche et que je dirais oui à l'homme que j'aime pour la vie. Ca peut paraître culcul, idiot ou tout ce qu'on veut, je m'en fout.

Mais voilà, j'ai beaucoup changé, et je ne suis plus cette petite fille.

Je suis une femme. Une drôle de femme, un peu en marge et un peu dedans, qui ne sais pas toujours où se situer, mais qui s'en sort pas trop mal (avis personnel de l'auteur, qui va plutôt très bien en ce moment).

Et cette femme, que veut-elle?

Des enfants, c'est resté une évidence, la réactualisation n'a pas duré une demi-seconde...

Mais un mariage?

C'est beau, romantique et symboliquement très fort, mais qu'est-ce que j'y mettrais, comme symbole, moi?

D'abord, mon envie de réunir toute ma famille pour qu'ils se retrouvent au moins une demi-journée dans leur vie de nouveau au grand complet, en espérant que mon père soit encore là, et dans ce cas que mes parents ne s'étripent pas, de même pour certains frères et soeurs ou parents et enfants... en espérant aussi que mes frères et soeurs et leurs enfants (et peut-être même leurs petits-enfants d'ici là!) prendront la peine de se déplacer, et les autres aussi.

Et puis réunir mes amis. J'en ai pas un nombre gigantesque, mais y'a des gens que j'aurais envie de revoir ce jour-là. Quelques filles, pas tant que ça mais des amitiés solides, et puis des mecs, qui sont souvent mes exs. Et eux aussi, j'aimerais qu'ils viennent.

Et puis je pense qu'il faudrait que je me marie comme j'entre dans une relation: sans rien en attendre d'autre que ce qui vous est offert.

Et j'ai envie que ce soit un moment qui nous reflète. Et je sais déjà une chose, c'est que dans ce nous, il y aura forcément une bonne dose de sensualité.

Et puis être le plus beau couple pour une journée, pour célébrer le fait que l'on s'aime, et que l'on a envie que cela dure toute la vie.

En fait je crois que c'est tout.

Est-ce que, dès lors, cela vaut la peine?

Je crois que cette réflexion-là va rester en suspens, et que je ne prendrais pas de décision catégorique.

Parce que c'est une décision que je prendrais à deux, un jour...

samedi 21 juin 2008

Femme


Dis, Nana, est-ce que tu crois aux signes?

Toi, ma "jumelle" si différente et si proche à la fois, toi que j'adore et que j'admire.

Tu as tellement changé cette dernière année. Et tu vas te marier.

Je te regarde. Tu te rappelles de mon regard lorsque je t'ai vu pour la première fois essayer une robe? J'étais surprise, impressionnée, ravie, ébahie en fait.

Tu étais magnifique...

Et puis on a trouvé LA robe. Celle qui semble avoir été faite sur toi, pour toi.

Tu es devenue la jeune femme accomplie, forte et sublime qui ne demandait qu'à éclore.

Je suis si heureuse pour toi, pour lui, pour vous, vous méritez d'être heureux tous les deux...

mardi 17 juin 2008

Amélipoulinerie: j'aime (1)

J'ai (re)pris du poids. Non que j'ai jamais été mince, mais j'en avais un peu perdu.

J'aime.

D'abord, parce que j'en connais un qui apprécie...

Ensuite, parce que je viens de revoir un ex, et que ses premières paroles ont été: tes seins auraient pas poussés?

J'aime.