mardi 20 avril 2010

Ma couleur préférée...




" Le vert représente la chance mais aussi la malchance, la fortune mais aussi l'infortune, l'amour naissant mais aussi l'amour infidèle, l'immaturité (des fruits verts) mais aussi la vigueur (un vieillard vert)...

Au fil du temps c'est la dimension négative qui l'a emporté : à cause de son ambiguïté, cette couleur a toujours inquiété. Ainsi, on a pris l'habitude de représenter en verdâtre les mauvais esprits, démons, dragons, serpents et autres créatures maléfiques qui errent dans l'entre-deux, entre le monde terrestre et l'au-delà. Les petits hommes verts de Mars, qui ne nous veulent pas du bien, ne sont autre que les successeurs des démons médiévaux.

Aujourd'hui, les comédiens refusent toujours de porter un vêtement vert sur scène (la légende dit que Molière serait mort vêtu d'un habit de cette couleur) ; dans l'édition, les couvertures verts des livres son supposées avoir moins de succès, et les bijoutiers savent que les émeraudes se vendent moins bien que les autres pierres parce qu'elles ont la réputation de porter malheur.

Toutes ces superstitions viennent d'un temps où le vert était instable et empoisonné. "

Michel Pastoureau dans Le Petit livre des couleurs.

samedi 10 avril 2010

Vivre à l'infinitif.


Revisiter toutes les déclarations d'amour que j'adressais au néant à l'aune de ses yeux.

Emprunter à la vie un peu de ses chemins, tourmentés, nombreux et parfois sans issue.

Aimer sans modération, sans comprendre comme la mer emplit le sable et monte.

Rêver de partir de nouveau, pour abandonner mes douleurs ou les étreindre à mort.

Ressentir les vieux démons et se haïr esclave de ceux qui ne seront jamais.

Établir des priorités à court de sens, mais trop de sentiments les tuent.

Joindre à tout cela ses incertitudes, son miroir et ses baisers qui me plongent.

lundi 29 mars 2010

Du sourire des ouvriers...




Parfois, lorsque je sors de chez lui au matin, ce sont les ouvriers qui travaillent dans la cour qui me saluent et m'adressent de grands sourires.

Et je me demande toujours dans quelle mesure ils devinent qu'un peu plus tôt dans la matinée, c'était moi qui criais mon plaisir à quelques mètres de la fenêtre où ils travaillaient.

:)

jeudi 18 mars 2010

Furie.


Je suis furieuse.

Je ne saurais même pas expliquer ce sentiment, mais je suis au-delà de la colère.

Ça a monté lentement, presque à mon insu, sans que je comprenne bien ce qui se passait.
J'avais pourtant bien détecté les signes avant-coureurs dans le désordre de mes réactions qui devenaient de moins en moins cohérentes et réfléchies.

Et puis il y a eu cette date. Et puis cette discussion, encore. Cette prise de conscience brutale de la bête féroce qui s'installait peu à peu dans mon ventre et me rongeait les entrailles, provoquant mes désordres à la manière d'une marionnette désarticulée.

Pantin ridicule et triste, devant lui je pleurais, je riais, je le cherchais et m'abandonnais sans cesser de résister.

Pourtant j'ai le sourire. Le sourire que me donne les taches de rousseur qui font pétiller ses yeux, le sourire des câlins d'un ami, le sourire de cet autre qui s'inquiète, le sourire de la confiance dont fait preuve, le sourire de celui qui m'a montré ses photos, et tant d'autres encore...

Et surtout, surtout, le sourire de mon métier.
J'ai ma passion vissée au corps et j'oublie tout pour mieux la faire partager.
Et puis, parfois, au creux d'un tableau ou au détour d'un regard, même dans ces moments-là, je sens la bête furieuse qui m'habite me parler, et je me tords les mains pour ne pas l'entendre.

J'ai toute ma violence vissée au fond des entrailles et je ne peux rien faire pour l'en déloger.

Alors je m'étourdis.
Dans le travail, et transforme, reprends et utilise ma furie comme passion.
Et puis, en rentrant, c'est mon vacarme. J'allume la radio, mets de la musique sur mon ordinateur et prends dans les oreilles la multiplicité des sons.

Et ce n'est que dans ces moments que mon cerveau s'immobilise enfin et que la furie semble s'endormir, presque.

vendredi 12 mars 2010

De la nécessité du choix.


Je t'ai appris, lui aussi, elle peut-être.

Vous vous apaisez dans mes bras et plus rien ne m'apaise, moi.

J'ai cette brûlure au corps et au cœur, cette certitude que quoi qu'il arrive, je vais provoquer un séisme.

En vous d'abord, sans aucun doute, mais en moi surtout.

Les regards emplis de confiance que vous posez sur moi contredisent vos discours qui, ces derniers jours plus encore qu'auparavant se répondent et se défendent de mettre ces poids sur mes seules épaules.

Et moi qui vous aime, tellement, et qui n'entrevois plus de solution au bout du chemin, je me ronge de l'intérieur et envisage tout, jusqu'à vous quitter. Tous les deux.

Et pourtant j'ai pris goût à vos présences alternées, à vous voir presque tous les jours, à vos encouragements et vos comportements si différents qu'ils finissent par se compléter au sein de mon âme.

A défaut de me donner une vie simple, vous me donnez une belle vie, intense et foisonnante, et de l'amour à perte de vue.

Je vous aime.

mercredi 24 février 2010

...


"Mais l'ivresse céda bientôt la place à l'angoisse : il fallait arriver un jour au bout de cette route! il fallait en finir un jour avec les trahisons! il fallait s'arrêter une fois pour toutes!

C'était le soir et elle marchait d'un pas pressé sur le quai de la gare. Le train d'Amsterdam était déjà formé. Elle cherchait son wagon. Elle ouvrit la porte du compartiment où l'avait conduite un contrôleur affable et vit Franz assis sur un lit à la couverture rabattue. Il se leva pour l'accueillir, elle le prit dans ses bras et le couvrit de baisers.

Elle avait une terrible envie de lui dire comme la plus banale des femmes : ne me lâche pas, garde-moi auprès de toi, asservis-moi, sois fort! Mais c'étaient des mots qu'elle ne pouvait et ne savait prononcer.

Quand il desserra son étreinte, elle dit seulement : "Qu'est-ce que je suis contente d'être avec toi!".

Avec sa discrétion naturelle, elle ne pouvait en dire davantage."

vendredi 19 février 2010

Bric-à-brac.



Moi j'ai été élevée de guingois.

Dans une maison, deux, trois, et d'autres encore.

Y'avait des œuvres d'art un peu partout, de gens connus et inconnus, les miennes aussi un peu en vrac, et puis de grands tapis, de vieux meubles en bois qui sentaient fort quand on les ouvraient, des murs pas toujours terminés...

Et moi, dans tout ce bric-à-brac, j'avais du mal à trouver ma place, comme un objet précieux mais un peu trop encombrant.

Alors, depuis, je m'attache à recréer ce désordre en espérant y prendre une part, si petite soit-elle. Je cherche encore et toujours une place, ma place au creux de leurs bras et des tiens, au milieu des embûches semées sur mon chemin.

Comme dans une maison trop grande et déjà un peu trop pleine, je garde tout et cache parfois. Je prends, encore, aime, souvent, et laisse de côté parfois avec regret.
Et chaque rencontre, professionnelle et personnelle, s'ajoute, prend sa place, une place qui change au fil du temps et de mes émotions et définit un peu mieux les contours de la mienne.

Je suis une grande amoureuse, et aujourd'hui je suis au régime. :)