
Il y a des jours comme ça, où en suivant le chemin que l'on croit être le bon, on le trouve jonché d'une telle multitude d'émotions qu'on se retrouve immobile.
Derrière une fenêtre de ce lieu qui m'est si familier que je l'appelle chez moi, mes yeux équarquillés contemplent la beauté et les larmes coulent sur mes joues.
Je n'arrive plus à endiguer le flot, et je ne sais même plus bien pourquoi je pleure.
Je suis soulagée, effrayée, ravigorée, assommée, enthousiaste, emportée, dépassée, apaisée...
Comme souvent, tout se mélange pour mieux se mettre en place après.
Je suis de retour chez moi, dans cette maison que j'aime, chargée de beautés et de ma vie, et j'ai l'impression d'y être en sécurité, de vouloir y passer ma vie.
Je viens de croiser le fantôme de cette vie passée, presqu'insouciante. Un fantôme abîmé et méconnaissable, qui me laisse effrayée devant les atrocités que la vie réserve à certains. Mais c'est une battante, elle s'en sors toujours.
Je dois faire une premier choix ici parmi les trésors qui hantent mes nuits et mes jours depuis des années. Des trésors que je chéris, que je veux partager. L'un d'eux sera décisif aujourd'hui pour moi.
J'ai le choix de prendre ma vie en main, et tout se met en place petit à petit, à la seule force de mes fragiles poignets. Mais j'y arriverai, parce qu'après tout, moi aussi je suis une battante.





