lundi 8 février 2010

D'un chemin...


Il y a des jours comme ça, où en suivant le chemin que l'on croit être le bon, on le trouve jonché d'une telle multitude d'émotions qu'on se retrouve immobile.

Derrière une fenêtre de ce lieu qui m'est si familier que je l'appelle chez moi, mes yeux équarquillés contemplent la beauté et les larmes coulent sur mes joues.

Je n'arrive plus à endiguer le flot, et je ne sais même plus bien pourquoi je pleure.

Je suis soulagée, effrayée, ravigorée, assommée, enthousiaste, emportée, dépassée, apaisée...

Comme souvent, tout se mélange pour mieux se mettre en place après.

Je suis de retour chez moi, dans cette maison que j'aime, chargée de beautés et de ma vie, et j'ai l'impression d'y être en sécurité, de vouloir y passer ma vie.

Je viens de croiser le fantôme de cette vie passée, presqu'insouciante. Un fantôme abîmé et méconnaissable, qui me laisse effrayée devant les atrocités que la vie réserve à certains. Mais c'est une battante, elle s'en sors toujours.

Je dois faire une premier choix ici parmi les trésors qui hantent mes nuits et mes jours depuis des années. Des trésors que je chéris, que je veux partager. L'un d'eux sera décisif aujourd'hui pour moi.

J'ai le choix de prendre ma vie en main, et tout se met en place petit à petit, à la seule force de mes fragiles poignets. Mais j'y arriverai, parce qu'après tout, moi aussi je suis une battante.

lundi 18 janvier 2010

Dead line.


Dead line, dead line.

J'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé de traduction qui rende aussi bien en français ce que cette expression veut dire.

Dead line.

C'est pas seulement le titre qui est bien choisit, c'est toute l'exposition qui m'a retournée.

Dead line.

C'est le choix des artistes, ces quelques œuvres qui frôlent le désespoir et la mort, ce sursaut créatif dans le savoir du condamné.

Dead line.

C'est elles, surtout. La mère et la fille avec moi. La mère qui vient d'apprendre sa rechute, la fille qui a choisit l'exposition que nous allions voir.

Dead line.

Je me souviendrai toujours de son regard, de sa violence dans le sursaut d'indignation quand je lui expliquais, racontant une œuvre, que la vanité des vanité, c'était de croire que l'on allait pas mourir.

"Il y a vraiment des gens qui croient ça?"

Dead line.

lundi 11 janvier 2010

L'amour en double.


Il est des livres qu'il me faut lire.

Comme une urgence, ça me prend, me lance et me possède jusqu'à ce que je l'ai entre les mains.
Les lettres dansent devant mes yeux, je tourne les pages sans arriver à m'en détacher.

L'écriture est banale, assez lisse et sans rien d'extraordinaire, mais les sentiments, les évènements et les personnages font trop écho aux semaines écoulées pour ne pas me plonger entièrement dans cette histoire.

L'amour en double.
Roman ou autobiographie, que m'importe?
Je sais que l'auteure a vécu les même dilemmes, les mêmes douleurs et les mêmes bonheurs intenses que j'ai rencontrés ces derniers jours.
Je le sais aux grands traits du récit, au cheminement parallèle au mien, mais je le sais surtout aux petits détails. Ce sont eux, qui, dans leur familiarité, me renvoient à ce que je vis.

Entre deux eaux, entre deux voyages, entre deux hommes, je suis consciente d'être écartelée, une fois encore.

J'ai Ingrid Bergman dans Casablanca comme référence douloureuse, je pense à toutes ces héroïnes qui ont hésité et se sont pris au piège d'histoires en parallèle et me dit que je suis bien loin de Mademoiselle Liberté dont l'Horace désormais muet a enfin déserté l'esprit.

Un seul livre pour eux deux.
J'ai envie de le partager avec eux, de leur faire prendre conscience de ce que je vis, de poser ma tête sur leurs genoux en les regardant lire tout en contemplant leur visage, de lire sur eux cette histoire parallèle à la mienne, cet écho.
C'est comme un galet, un jalon, et ce livre, au-delà des mots, me devient un symbole.
Vais-je me résoudre à lire la fin avant d'avoir trouvé la mienne?
Vais-je me laisser influencer par sa décision à elle?

Tout ce que je sais, c'est que lorsque j'aurais accomplit mes deux voyages, l'objet-livre aura enfin trouvé sa place.

lundi 4 janvier 2010

2010.


C'est un soir à bloguer.

Un soir de froid, où dans la pénombre je me suis réfugiée dans la chaleur et la douceur de ma couette tôt, en réponse aux péripéties de ma vie.

Un soir où je me remémore ces quatre premiers jours qui ont inaugurés l'année 2010, et où je me dis que si elle est à leur image, cette année ne me laissera pas beaucoup de répits.

J'ai fini 2009 comme une pelote de nerfs, et ai commencé 2010 par les plus délicieux plaisirs.
J'ai vu, senti, goûté, aimé, caressé, échangé ces peaux contre les nôtres.
J'ai serré contre mon cœur ceux qui ont été et, j'espère, seront encore, là.
J'ai entendu ses mots résonner dans mon cœur qui se serrait, de bonheur et d'espoir.
J'ai vu la première neige de l'année tomber dans ses yeux lorsqu'il m'a embrassé.

Et puis j'ai sans doute oublié d'attacher ma ceinture, et les turbulences ont débuté rapidement. Les montagnes russes.
Bonheurs, malheurs, écrits, lectures, espoirs, briques, rires, pleurs, chants, danses, cris, orgasmes, fuite, inertie... Tout s'oppose et se mélange.

Je vous souhaite à tous une excellente année.

mercredi 23 décembre 2009

Beautés de vacances.


Samedi.
Déjeuner, shopping, essayages, y'a du mariage dans l'air, t'es belle dans cette robe.
En fait, ça fait déjà quelques semaines que t'as embellit, c'est fou.

Dîner, coiffure, maquillage, déguisement, se voir dans les yeux de celle qui me connait depuis l'enfance, se prendre au jeu, danser, rencontrer les trois mousquetaires.
Et tu me dis que c'est l'aristo qui réclame mon numéro, après.

Dimanche.
Brunch, croissants aux amandes, sourires, cadeau, tendresse, photos, encore des photos, et cette robe qui t'attends.
T'es super belle, laisse-moi te prendre en photo.

Thé, attirances et questionnements, noël un peu en avance et ses yeux de panthère.
Grandis, ma belle, et n'oublies pas de vivre.

Lundi.
Sieste, lessives, enfin en vacances, échanges de mails avec lui, encore et encore chercher à se connaître, se comprendre, se voir, vite.
Thé au ralentit, heureuse que tu aimes mon cadeau.

Premier dîner en tête à tête, sans vraiment se parler on se comprends, et puis la discussion qui s'installera, après.
C'est bon d'être avec toi.

Mardi.
Courses en sortant de chez lui, changement de programme, déjeuner, hammam, sensualités et amours plurielles, goûter au Loir, discussions, un baiser volé, presque.
C'est fou ce que le temps passe vite en votre compagnie.

Intermède cinéma et cadeau, je n'en reviens pas de ton sourire, de ta beauté, blottie au creux de tes bras, tendres et sensuels.
Et puis tu t'échappes, tu m'échappes, comme toujours.

Un appel, une crêpe glacée, et les rues de Paris qui se déroulent sans fin sous nos pieds quand nos mots se rejoignent et s'échangent.
Elle a embellit pour toi, et tu grandis pour et avec elle.

C'est beau les vacances.

jeudi 26 novembre 2009

Les anciens.


On prend les mêmes et on recommence.

On a presque un côté vétérans, comme ça.

On a tous fait la même école, écouté les mêmes discours, ingurgité et appris les mêmes sommes de connaissances abyssales.

Et puis on est (presque) tous revenus, on sait pas trop bien pourquoi.

- Tiens, salut, comment ça va, qu'est-ce que tu deviens?

Les réponses sont diverses, l'ambiance étrange, un air de déjà vu avec quelques rides en plus.

J'ai pris deux ans dans la gueule et pourtant ici rien n'a changé.

jeudi 5 novembre 2009

Mon Montmartre à moi.



Et je me suis laissée surprendre, comme une idiote, encore.

J'étais venue avec un tas de préjugés bien ficelés, un dédain souverain et une mauvaise humeur de fer.

Et j'ai presque rit de ma situation. Présenter « ça ». Je jouais de malchance, je n'allais pas pouvoir intéresser un public à ce qui me laissait de marbre.


De découragement, j'ai lâché mon plan, et toutes les indications de visites qui allaient avec.

La pluie s'y est mise, et je me suis réfugiée sous le porche d'une église de brique rouge sans charme.

Puis c'est l'accueil gris et morne de ces enclos à religion, les fidèles ternes et silencieux qui me regardent comme une touriste égarée. Mais c'est aussi la quiétude ombrageuse et écrasante qui me rappelle à quel point je suis petite, qui me pousse à découvrir de la beauté dans les anges qui peuplent ce lieu si peu engageant...


Et puis j'ai sorti mon parapluie rouge. Là, j'aurais dû deviner que j'étais foutue.

Le regard des hommes attablés à la terrasse des cafés traditionnels s'attarde sur moi, d'autres s'écartent pour me laisser passer en esquissant un pas de danse, et la vie ressemble soudain à une comédie musicale.

Je suis une Demoiselle de Rochefort, une Star de Gene Kelly lorsqu'il chantait sous la pluie, mais par dessus tout je veux être un peu de celle qui hante ce lieu et l'a transformé à jamais...


Je suis Amélie Poulain.

Une petite écervelée au charme de légende, une femme-enfant émerveillée par la vie et qui se mêle de tout, je veux lui prendre un bout de son monde enchanté et je parcours les rues de son Montmartre, protégée de la pluie par mon seul parapluie rouge.

Ce sont les bottes des vitrines vintage, les étals des épiciers qui regorgent de denrées diverses et colorées, les néons des enseignes qui clignotent, semblant ainsi envoyer un message aux inconnus qui passent...

C'est aussi cette dame vêtue d'un manteau de fausse fourrure et trop maquillée, qui fume clope sur clope depuis des années en attendant le client, les alcooliques qui se disputent sur un banc et prétendent ne raconter que la vérité, les odeurs de poulet frit, de crêpes, de café et de bitume mouillé qui se mélangent et assaillent les passants...

Et j'ai les mots qui montent dans mes larmes au rythme de mes pas, le sourire qui se reflète dans les vitrines quand je prend des reflets à la vigne vierge de la place des Abbesses...

Comme c'est aussi l'afflux de tous ces gens dans les cafés, l'obligation de partager une table avec d'autres, quelques sourires timides, les yeux indiscrets qui se baladent sur les livres des voisins, un marque-page bardé de mots doux adressé à un certain Florent...


Alors j'écris, accoudée moi aussi au bar d'un café, sur un air de jazz pénétrant qui m'enveloppe de son infinie douceur et m'offre un peu de la magie que je n'aurais jamais cru sentir ici.


J'espère me laisser surprendre encore souvent...